Saint Martin de Valgalgues est située au pied des Cévennes en périphérie de la ville d’Alès.

A l’opposé des grands centres urbains ou des stations balnéaires surpeuplés, notre région s’offre au voyageur d’un jour ou aux vacanciers d’une saison avec chaleur et simplicité.Entre mer et montagne, clair et obscur, ombre et lumière, Moyen-Âge et 3ème millénaire voilà Saint Martin de Valgalgues.
Village au contrefort des Cévennes, Saint Martin présente un visage pour chaque visiteur. Visage changeant sous les regards différents.

Un des passages pour « aller à la montagne » ou pour « descendre à la mer ».

Saint Martin a été un carrefour de l’histoire avec ses repaires de Camisards dans l’arrière pays, ses stigmates des guerres de religions puis le Roy empruntant la voie Régordane qui la traverse pour signer le Traité de Paix à Alais. De même que cet Eminent Personnage venant de Porte traversait ses terres afin de se rendre à la Chasse Royale. D’où le nom de « La Royale » resté à un de ses quartiers.

Son église du XIème siècle était un rayonnement de l’abbaye de Cendras située dans l’arrière-pays.

Paysage de contradictions, méditerranéen et montagnard, Nord et Sud- à la fois un peu comme ses habitants les Cévenols amicaux et reboussiers, chaleureux et distants selon comme vous les abordez.

 

Si vous empruntez les chemins de randonnée tracés et balisés vous trouverez et comprendrez tout ceci.
En partant du coeur du village, la place de la Mairie, dominée par l’église restaurée au 12ème siècle vous prendrez la direction du lieu dit les 4 chemins. Site de départ, nous allons ici proposer de vous accompagner sur le parcours le plus long puisque certains de ses tronçons sont communs avec les autres.

Sur le site donc, vous partirez à droite où un chemin de bonne taille vous met en confiance. Tout de suite vous entrez dans le jeu des couleurs et des odeurs. La terre ocre rouge signale la présence importante d’oxyde de fer. En effet le vallon était exploité pour sa pyrite. Les mines ont fermé ——–. Vous êtes dans une végétation méditerranéenne.

Au fil de votre parcours vous trouvez des ombres légères de chênes verts, cades (différence entre cade et genévrier ? la feuille du cade a deux nervures vert clair) des odeurs marquées de thym et menthe dès que vous sortez du chemin, le terrain est calcaire et au hasard de pierres retournées on peut extraire quelque rostre de bélemnite ou autre ammonite de l’oubli. Vous cheminez dans les chênes verts le sentier est plus étroit, le passage n’est que pour une personne ou un VTT. Vous dominerez un hameau dans le creux appuyé sur le flan de la colline opposée, au soleil. C’est Drulhes sa construction remonte au XVIIéme siècles. Haut lieu de la châtaigne. L’arbre à pain a malheureusement ici aussi connu les affres du chancre et ensuite l’abandon pour des raisons multiples.

Sur Drulhes se trouvait une des deux filatures de Saint Martin. Il en reste encore quelques arches. Ces filatures ont une histoire. En effet Sully ministre de notre bon Roy Henry IV a décidé la relance de l’industrie de la soie. II a fait venir et replanter des mûriers, arbre dont les feuilles sont la nourriture exclusive des vers à soie. Ces mûriers avaient la particularité de donner des feuilles plus grosses. Ils ont été nommés les Sully. Les deux filatures avaient le droit de filage mais pas le droit de tissage celui-ci étant réservé exclusivement aux Soyeux de Lyon. Les filatures ont fermé………

Traversons le hameau en passant à l’intérieur sous le porche. Vous avez une de ses plus anciennes bâtisses, le chemin balisé (chemin de la transhumance) vous fait pénétrer dans la châtaigneraie à laquelle viennent se rajouter quelques essences de pins dont les pignes (pommes) éclatent d’un bruit sec par temps chaud l’été. Bientôt vous rejoignez un chemin aussi large tracé tout d’abord par les Houillères lorsqu’elles ont procédé à des sondages.

Il reste d’ailleurs quelques carottes sur la sonde témoins de ce temps-là. Ce chemin a été réutilisé quelques décennies plus tard par une société spécialisée dans la récupération de gaz.

Dans tout le secteur, et bien au-delà, sous vos pieds serpentent des galeries de mines. Celles-ci ont été fermées depuis quelques années. L’eau les envahit progressivement et le gaz naturel qui s’y trouve s’accumule dans des poches. Poches qu’il faut vider, ce qui a été fait. Une vanne a été laissée en place.

Reprenons notre progression. En promenant dans la châtaigneraie vous éviterez plus ou moins facilement des bauges : flaques d’eau retenue par de la terre argileuse et très prisées par la sauvagine, les sangliers entre autres. En y regardant bien vous identifierez les traces de sabots et trouverez le sentier qu’ils utilisent pour repartir dans les sous-bois. Après s’être roulés dans la boue avec délectation ils se frottent contre les troncs d’arbres qui en restent maculés. Pas de danger ils vous ont entendus ou sentis depuis longtemps et ont pris le large. Vous constatez aussi que le sentier est encore pavé par endroits. A nouveau vous changez de végétation le chemin est dégagé, très agréable. Des .fruitiers abougris témoins de nombreux jardins travaillés jadis, pommiers, merisiers, vignes pour le cru du pays : le Clinton (du 9° la meilleure année il fallait être habitué pour le consommer sans sourciller).

En effet la Cévenne n’est pas tendre pour ses habitants. Guère de possibilité de culture le terrain étant accidenté et pentu. II fallait trouver du plat et de la terre il n’y a que des cailloux.

Ainsi sont nées les faïsses.  Nos anciens se sont échinés à monter des murs pour maintenir la terre et avoir un peu de terrain plat sur une bande étroite qui courrait tout le long des collines de plus cette culture en étage permettait d’atténuer l’érosion.

Pour les plus attentifs vous remarquerez que pour passer d’une faïsse à l’autre il y a un escalier. Celui-ci peut être frontal c’est à dire perpendiculaire à la faïsse ou latéral c’est à dire parallèle à celle-ci.

 

Voilà une question qui s’est posée. Après enquête il semblerait que cela vienne de l’origine des bâtisseurs.
Je m’explique. Le Cévenol est pauvre mais les Lozériens et les Ardéchois le sont plus encore et surtout, chez eux, les hivers sont plus rudes. Donc ces personnes, souvent issues de familles nombreuses, descendaient quelques mois l’hiver se louer en échange du gîte du couvert et parfois d’une paire de chaussures. Cela faisait une bouche de moins à nourrir pour la famille. Ils travaillaient les terrains et montaient les faïsses chacun à sa manière.

Un autre hameau surplombera votre parcours. Il s’agit de Carboussède. Hameau qui, jadis, a connu 6 ou 7 familles. Il a failli s’éteindre, sa survie est due à quelques amoureux inconditionnels de la nature. Dans l’ombre retrouvée, des chênes verts, vous traverse un pierrier vous en cherchez des cailloux ? On se demande d’où ils peuvent provenir.

Au sortir de celui-ci vous pouvez quittez St Martin et vous diriger vers Le Mas Dieu qui est un joli petit village, vous passerez au ras d’un mas abandonné où dans les broussailles vous pouvez voir les différents types de faïsses.

Vous avez vue sur le Truc de Rousson, en arrière plan le Mont Bouquet avec son antenne, plus éloigné le Mont Ventoux et sa calotte blanche. En faisant l’autre choix, au terme de quelques mètres, vous sortirez éblouis des chênes. Vous avez changé d’orientation.

A gauche, en toile de fond, on aperçoit le Mont Lozère, en contrebas coule le Gardon dans de paresseux méandres, en face vous pouvez reconnaître le Mont Aigoual plus près légèrement à gauche les falaises de La Porte des Cévennes je veux dire Anduze puis le Pic Saint Loup et à gauche avec de bons yeux et de l’imagination la Mer.

Vous traversez une chèvrerie, retrouvez la châtaigneraie et le chemin du retour. Au terme de votre voyage entre Moyen-Âge, filatures, soyeux, camisards, en passant par l’ère du fer et du charbon, vous pouvez sauter dans le 3ème millénaire avec la vue du Pôle Mécanique et ses 3 pistes blotties dans son écrin de verdure.

Voilà ce que vous réserve Saint Martin de Valgalgues.